Anne : un visage transformé !

Nous voici à la fin de  notre première semaine d’étude biblique du livre de 1 Samuel ! Bravo…

Si cela a été difficile d’être régulière, ne vous inquiétez-pas, cela met toujours un peu de temps pour installer une habitude, surtout persévérez !

Je ne sais pas si vous êtes comme moi, mais j’aurais une foule de choses à partager avec vous, tant ces cinq chapitres ont été riches en enseignements…

Mais j’aimerais vous parler d’Anne, une femme comme vous et moi, dont l’histoire, par certains aspects, pourrait être tout à fait contemporaine.

Essayons de nous replonger dans cette histoire et imaginons la scène…

Le fait d’être stérile était considéré comme une réelle disgrâce sur le plan social.  Dieu avait promis de bénir son peuple une fois installé dans le pays promis, et l’une des formes que prenait cette bénédiction était d’avoir des enfants. Ainsi les enfants étaient considérés comme un signe de la faveur de Dieu (Deut 4:14, 28:4). A contrario, la loi mosaïque listait les ventres stériles parmi les signes de la malédiction en cas de désobéissance (Deut 28:18). Pour cette raison les femmes stériles étaient considérées avec mépris par les autres femmes, mises à l’écart car la logique voulait qu’elles soient considérées comme responsables de cette disgrâce divine envers elles.  Pour avoir une idée encore plus précise de ce qu’une femme stérile pouvait ressentir à cette époque, regardons Esaïe 54 qui nous parle d’une femme anciennement stérile et de ce qu’elle ressentait au temps de sa stérilité ; les différentes traductions françaises nous donnent un aperçu de la violence des sentiments  qui pouvaient l’agiter : couverte de honte, insultée, troublée, humiliée, déshonorée…la valeur intrinsèque de la femme était directement amputée et l’image de soi bien dégradée.  Voilà donc ce qu’était le quotidien d’Anne au milieu de la société juive féminine de l’époque, un rejet, une grande solitude.

Enluminure du moyen-âge : Elkana et ses deux femmes.
 Enluminure du moyen-âge : Elkana et ses deux femmes.

Regardons à présent le tableau de sa vie familiale. Il n’est guère plus glorieux… Anne doit vivre au quotidien avec une deuxième femme, Peninna.  Il est fort probable que Peninna ne doive sa présence sous le toit d’Elkana qu’à la stérilité d’Anne. En effet il n’était pas rare dans l’Ancien Testament, en cas de stérilité de l’épouse, qu’une autre femme soit choisie pour assurer une descendance (même si Dieu n’acceptait pas la polygamie).  Nous pouvons voir cela avec Sara/Agar Rachel/Bilha et Léa/Zilpa en Genèse 16 et 35. Essayons d’imaginer le quotidien dans une maison avec une femme dont la vue vous renvoie sans cesse à votre stérilité ! Sans compter les cris et rires des enfants… Un véritable couteau que l’on remue dans la plaie. Mais cela ne suffit pas, et lorsque, plusieurs fois par an Elkana monte à Silo pour offrir des sacrifices, Peninna  adresse (« chaque fois » nous dit le verset 7) à Anne des propos blessants et humiliants. Je ne suis pas certaine que si j’avais été à la place d’Anne, j’aurais réagi avec la même douceur… Bien sûr, elle pleure, en perd l’appétit (v 8) mais accepte malgré tout de monter à la maison de Dieu avec le reste de la famille. Nous ne sommes pas certains de là où se trouvait le « Rama » d’Elkana, mais certains historiens l’ont positionné à une vingtaine de kilomètres au sud de Silo. La tradition voulait que l’on monte trois fois par an à la Maison de l’Eternel offrir des sacrifices. Trois fois par an au moins,  accepter de faire 20 kilomètres à pied aller et retour avec des enfants de tous âges (sans minibus, sans air conditionné, sans couches jetables ni petits pots, sans glacière !) en sachant très bien que Peninna allait la blesser et l’humilier par ses propos, est en soi déjà un véritable exploit… Humiliation et solitude

Regardons à présent son mari. Il semble complètement désarmé face à la souffrance d’Anne. Il essaie de lui montrer qu’il l’aime en lui donnant une double portion, un honneur remarquable, une très belle preuve d’amour, mais nous voyons que la compréhension d’Elkana est limitée. « Pourquoi ton cœur est-il attristé ? Est-ce que je ne vaux pas  pour toi mieux que dix fils ?  » (v 8) La réponse est pour nous, femmes, bien claire : « bien sùr que non ! »  Il ne peut pénétrer dans le cœur de sa femme pour comprendre sa souffrance, lui a déjà des enfants. Il fait des efforts mais n’y arrive pas. Notre constitution émotionnelle est très difficile, voire impossible à comprendre pour un homme, nous ne devons pas l’oublier pour celles d’entre nous qui sommes mariées ! Même s’il est très important de partager avec nos maris ce que nous ressentons, nous savons que nous restons souvent des mystères pour eux.  Il est important d’avoir de bonnes amies chrétiennes avec qui partager, ne restez surtout pas seules.  Mais pour Anne ce n’est que solitude et incompréhension.

Le tabernacle à Silo
Le tabernacle à Silo

Voyons à présent la dernière facette de la vie d’Anne, le domaine spirituel, la maison de l’Eternel.  A deux reprises dans le texte biblique il est indiqué qu’elle était stérile parce que Dieu en avait décidé ainsi (v 5 et 6).  Dieu avait planifié cela, c’était sa volonté. Anne le sait, et pourtant elle choisit de venir déverser son cœur et son âme dans une prière silencieuse, dans les larmes. Chères amies, peut-être est-ce votre cas en ce moment même, peut-être traversez-vous une épreuve qui vous plonge dans une immense détresse. Je veux que vous sachiez que Dieu ne vous a pas abandonnées et qu’il ne reste pas indifférent à vos larmes. Alors, ne vous isolez pas, faites comme Anne, allez dans la maison de Dieu, votre église, y chercher encouragement et consolation, c’est le moment ou jamais. Anne aurait pu, parce qu’elle se sentait très mal, choisir de se replier sur elle-même, de ne pas aller au temple et rester cloîtrée chez elle, pour une fois seule dans sa maison, sans Peninna et ses enfants. Mais c’est le contraire qu’elle a choisi, et nous allons voir le bénéfice incroyable qu’elle en a retiré.

Anne et Eli : Gravure de Julius Schnorr von Carolsfeld (1794-1872)
Anne et Eli : Gravure de Julius Schnorr von Carolsfeld (1794-1872)

La coutume était de prier à voix haute dans un lieu public, de façon à être entendue.  Anne choisit de prier en silence, en pleurant et, même si ses lèvres bougent, elles n’émettront pas un son nous dit le verset 13.   Ne nous méprenons pas, pas de manifestations bruyantes, pas de grands gestes, pas de  grandes manifestations émotionnelles. Par une prière fervente intérieure, Anne déverse son âme et son cœur devant son Dieu. Et c’est là qu’Eli entre en scène. Nous voyons cet homme, un référent spirituel, qui se méprend sur l’état d’Anne, et qui pense qu’elle est ivre.  Comment Eli, homme de Dieu, a-t-il pu se méprendre ainsi sur l’état d’Anne ?  La réponse nous est dévoilée dans les chapitres suivants :

  • Dieu envoie un homme de Dieu pour reprendre Eli au lieu de s’adresser directement à lui (Chap. 3),
  • Dieu parle à Samuel pour qu’il répète à Eli ce qu’Il veut lui dire (Chap. 3),
  • Eli a laissé ses fils commettre des horreurs (Chap. 2) et nous voyons qu’il  continue à les laisser faire malgré les avertissements de Dieu.

La relation d’Eli avec Dieu est au point mort, il n’y a plus de communication directe entre eux, d’où son manque de discernement. Solitude et incompréhension à nouveau pour Anne.

La société n’était pas là, la famille n’était pas là, l’aide spirituelle de la part d’Eli n’était pas là, mais Dieu, lui, était là. Et il est toujours là aujourd’hui. Alors chères amies, n’hésitez pas à déverser sincèrement votre cœur devant lui, tout votre cœur. Dieu connait les angoisses, la détresse qui vous habitent, et il veut que vous veniez à Lui avec toutes ces choses. Parlez-lui en. Dans les Psaumes, nous voyons que David dit toutes sortes de choses à Dieu lorsqu’il déverse son cœur avec une grande honnêteté. Regardez par exemple le Psaume 13, et voyez combien la détresse de David est grande : il se croit abandonné, crie à Dieu son angoisse et sa détresse, mais constatez également que le Psaume se finit en chant de louange : « Mais j’ai confiance en ta bonté… ».

1 Samuel 1-18

Revenons à notre histoire. Eli la bénit en lui disant : « Va en paix. Que le Dieu d’Israël exauce la prière que tu lui as adressée ». Le reste du texte nous dit qu’elle partit, mangea, et que son visage ne fut plus le même. Que s’est-il passé ? Les circonstances étaient-elles différentes ? Non ! Réalisez-vous qu’Anne a prié, pleuré, fait un vœu, puis est partie sans savoir si Dieu allait lui donner ce qu’elle avait demandé, et pourtant elle était dans une grande paix intérieure. Qu’est-ce que cela veut dire ?  Elle a fait confiance à Dieu indépendamment des circonstances et sa foi lui a donné cette joie .  C’est exactement ce que nous trouvons dans le Psaume 13.

Alors sentons-nous libres de déverser nos cœurs dans la prière et laissons l’Esprit rappeler au notre ce que nous savons de Dieu (Jean 14:26), consoler notre cœur, afin que nous trouvions la paix, et que, comme Anne, notre visage ne soit plus le même.

J’ai été très bavarde aujourd’hui… j’ai été très touchée par Anne et voulais partager avec vous ce que j’avais découvert !

Et vous qu’avez vous découvert cette semaine ? En quelques mots voudriez-vous partager cela avec nous en commentaire ci-dessous ?

Et je vous retrouve lundi pour les ressources de notre deuxième semaine de lecture en 1 Samuel.

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Quelques pensées sur “Anne : un visage transformé !

  1. bonjour Frédérique et Anne
    je n’ai découvert le programme qu’hier soir. il m’enthousiasme et je compte me rattraper durant le we afin d’etre a jour lundi.
    oui l’attitude de Anne ds le chapitre premier que je suis en train de lire est un vrai défi : aucun changement dans ses circonstances, mais un visage totalement transformé. c’est ainsi , je crois , que le témoignage chrétien doit aussi se manifester.non pas obtenir tout ce que nous voulons, mais etre en paix au milieu de l’adversité.
    bon we à vous et vivement lundi

    1. Bonjour Nelly ! Bienvenue avec nous dans ce voyage dans l’Ancien Testament. Ce que tu dis est très intéressant, je n’en ai pas parlé dans l’article (on pourrait écrire un livre sur ce premier chapitre !) mais tu as mis le doigt sur quelque chose de capital : La qualité de notre relation avec Dieu a un effet immédiat sur notre témoignage. Bon week end à toi et à lundi !

  2. Tout d’abord, merci pour cette étude, je suis en train de re-lire pour la xème fois ma Bible depuis le début et j’étais déjà dans 2 Rois mais je suis revenue en arrière 😉
    C’était bien d’avoir vos outils de lecture…
    J’ai surtout noté que Anne n’était écoutée et comprise d’aucun homme, aussi spirituel qu’il fut… (j’étais un peu dans cet état d’esprit moi-même quand j’ai lu le chapitre 1 😉 )
    Mais que le Seigneur , lui, voit, entend, écoute et comprend… il nous délivre, nous encourage, nous transforme, nous relève !!
    Ton résumé Frédérique a donc confirmé ce que j’avais ressenti…
    Bises et beau WE

    1. Eh oui Denise, c’est le coté merveilleux de la Parole de Dieu, toujours contemporaine pour s’appliquer à notre vie, de la première à la dernière page ! Passe un bon week end, et merci de faire route avec nous dans 1 Samuel.

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