Comment soutenir une amie qui traverse un deuil

En rentrant de leurs vacances d’été en famille, Kathy Litton, son mari et leurs trois enfants ont eu un terrible accident de voiture sur l’autoroute dans l’état du Kansas.  Atteints seulement d’égratignures et d’ecchymoses, Kathy ainsi que ses enfants ont survécu à la collision, mais son mari est entré, ce jour-là, dans sa patrie céleste . A l’âge de 45 ans, Kathy s’est retrouvée veuve avec des enfants à charge.

Lors de son deuil, Kathy a trouvé amitié et réconfort dans l’église où son mari avait été pasteur. Mais elle a également pu constater que dans l’église le deuil est quelque chose qui met mal à l’aise et que bien des chrétiens ne savent comment aborder ou soutenir quelqu’un qui traverse un deuil. « C’est assez paradoxal, » dit-elle, « mais dans l’église nous gérons souvent mal ce processus de deuil. Non, nous ne sommes pas tristes comme ceux qui sont dans le monde sans espoir, mais nous sommes attristés tout de même. »

Je n’ai pas vécu de tels moments de deuil comme Kathy et par la grâce de Dieu j’espère ne jamais connaitre une telle tristesse. Mais j’aimerais, dans mon église, faire partie de ceux qui savent être un soutien pour ceux qui traversent un deuil. Que ce soit par exemple le deuil de la perte d’un être cher ou le deuil suite à une maladie, la perte d’une amitié, un mariage brisé ou des souffrance subies dans l’enfance… J’aimerais savoir comment être une bonne amie dans ses moments-là, savoir les soutenir et j’aimerais être aussi celle qui a le privilège de voir ces mêmes personnes être restaurées après un deuil. Une amie telle Ruth pour Naomi …

Dans tout le livre de Ruth, le mot « deuil » n’est pas mentionnée une seule fois. Pourtant il est une réalité dans la vie de Naomi (qui parle facilement de ses émotions) ainsi que dans celle de Ruth (qui elle, est bien plus discrète). Ces deux femmes ont connu la mort de leurs maris respectifs à laquelle s’est rajoutée pour Naomi la mort de ses fils.

Mais pour autant que les souffrances de Naomi et Ruth soient bien présentes dans ce livre, le thème central n’est pas le deuil. Non, le thème central de ce livre est la rédemption de Dieu. Cette rédemption, que nous commençons à apercevoir dès la fin du chapitre 2 dans le coeur de Naomi, était l’oeuvre de Dieu faite en grande partie au travers de l’amitié de Ruth. Voyons de plus près comment Ruth a su être une amie pour Naomi dans de tels moments.

Elle respecte le deuil de Naomi

Ce qui me frappe le plus dans cette histoire entre Ruth et Naomi n’est pas autant ce que Ruth dit mais plutôt ce qu’elle ne dit pas ! A aucun moment Ruth ne fait de reproche à Naomi ou cherche à la persuader d’agir autrement. Ruth n’a pas non plus cherché par ses mots à faire sortir Naomi de sa tristesse.  En fait, après sa déclaration de fidélité envers Naomi, Ruth semble dire très peu de choses à Naomi hormis ce qui concerne son quotidien. Par son silence je pense que Ruth offre quelque chose d’extrêmement précieux à Naomi, quelque chose qui est essentiel pour soutenir ceux qui souffrent : l’écoute.

Dans le livre de Job, nous voyons que ses amis ont été un soutien formidable … jusqu’à ce qu’ils ouvrent leur bouche !

Par notre écoute, nous respectons le deuil de l’autre, deuil qui lui est propre et très personnel. Ruth traversait également une période de deuil, mais à aucun moment Ruth ne devienne une « donneuse de leçon ! »

Kathy Litton dit que « les vraies amies honorent la douleur des autres. Il ne faut pas essayer de pousser quelqu’un à accélérer la processus de deuil … il faut faire très attention à ce que nous pouvons dire. »

Elle démontre la hesed de Dieu d’une manière pratique

Hier dans notre étude, nous avons vu ce qu’était la hesed de Dieu. Ce mot décrit l’amour loyal de Dieu envers son peuple Israël dans sa relation d’alliance, en faisant référence à sa miséricorde, sa fidélité, sa bonté, sa bienveillance et sa grâce. Naomi avait remercié Ruth pour sa hesed envers elle (Ruth 1:8), et Ruth continue à lui démontrer la hesed une fois arrivée à Bethléhem en prenant l’initiative de pourvoir aux besoins de Naomi en sortant glaner dans les champs. Le fruit de cette hesed dans la vie de Naomi est extraordinaire !

Bien entendu, Naomi pouvait se rappeler les choses que Dieu avait faites dans le passé, de Ses promesses au peuple d’Israël et de toutes Ses bénédictions envers lui. Mais à ce moment précis, ces choses échappent à Naomi et il faut que d’une manière très personnelle et très pratique, la bonté de Dieu à son égard lui soit rappelée. Par l’amour et le service de Ruth envers elle, Naomi peut ainsi se souvenir que les compassions de Dieu ne sont pas épuisées et que son amour est constant.

Tout comme Naomi, ceux qui souffrent ont besoin de voir l’amour de Dieu être manifesté par nous, son église.  « La pire chose que vous puissiez faire pour quelqu’un qui traverse un moment de deuil est de ne rien faire, » dit Kathy. Elle se souvient que dans son deuil les personnes qui l’ont soutenue le plus étaient celles qui, avec douceur et humilité, ont pris l’initiative de démontrer l’amour de Dieu d’une manière pratique. C’était par exemple des fleurs offertes ou un repas déposé devant sa porte, quelqu’un qui lui demandait quel serait le meilleur moment pour venir tondre sa pelouse, une carte d’encouragement … choses toujours faites avec beaucoup de délicatesse et tact, parfois même dans l’anonymat.

Elle est fidèle

A la fin du chapitre 2 nous avons un tout petit détail qui pourrait bien nous échapper au premier regard mais qui est d’une très grande importance. « Ruth habita avec sa belle-mère ». Ruth reste au plus près de Naomi, jour après jour, mois après mois.   Alors que j’imagine que le quotidien n’était pas toujours facile, Ruth persévère dans son amitié envers Naomi.

Alors que le temps nous semble long ou que nous perdons espoir de voir ceux que nous aimons sortir de ce deuil, restons fidèles. Le temps de Dieu n’est pas le notre et la souffrance est propre à chacun et très personnelle. Il faut laisser le temps au temps. Pour cela je pense que Ruth était consciente d’une vérité essentielle : la rédemption est l’oeuvre de Dieu, pas la nôtre.

Nous ne pouvons faire le travail de Dieu à sa place, nous ne sommes que ses instruments. Alors qu’il est de notre responsabilité d’accorder écoute, respect, amour et fidélité envers ceux qui souffrent, c’est le travail de Dieu de les relever, de les restaurer et de leur redonner l’espoir !

Quelques pensées sur “Comment soutenir une amie qui traverse un deuil

    1. Bonjour Nathalie ! Je n’en connais pas personnellement, mais Frédérique vient de commander un qui lui semblait très bien. Elle reviendra vers vous pour vous en dire plus…

  1. Salut dans le nom de Jésus,
    Juste pour dire que j’aimerai ben faire partie de ce groupe car j’ai du aussi beaucoup endurer et prendre sur moi après le décès de ma maman chérie.
    Mais la parole de Dieu m’a beaucoup aidé à surmonter ce mal être. Aujourd’hui je suis contente de faire partie de la famille de Christ et j’ai maintenant la paix car je sais que maman est rentrée à la maison.

    Jacky

    1. Bonjour Jacky, Merci pour votre témoignage. Ce que vous nous avez partagé me fait penser à ce verset en 2 Corinthiens 1:3-4 …

      Béni soit le Dieu et Père de notre Seigneur Jésus-Christ, le Père de toute magnanimité et le Dieu de tout encouragement, lui qui nous encourage dans toutes nos détresses, afin que, par l’encouragement que nous recevons nous-mêmes de Dieu, nous puissions encourager ceux qui sont dans toutes sortes de détresses !

      Que les bénédictions de notre Seigneur soient sur vous et votre famille.

  2. Wahoo, ç est tellement encourageant et beau. Que dieu puisse œuvrer pour que nous soyons des femmes de grâce quand telle situation se présente. Merci pour ce chouette partage.

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