Faisons la fête… de Purim !

Avant de nous lancer ensemble ci-dessous joyeusement dans la fête de Purim, J’aimerais que nous ouvrions une petite parenthèse  historique. Lors du procès de Nuremberg en 1946, nombreux ont été les parallèles effectués entre cet événement et la fête de Purim…

Pourquoi ?

Replongeons-nous dans le contexte de la seconde guerre mondiale …

En 1941, Hitler empêche la communauté juive polonaise de célébrer la fête de Purim. Il leur était interdit de lire publiquement  l’histoire d’Esther, et les synagogues avaient l’obligation de rester fermées lors de cette fête. Les Nazis étaient de véritables étudiants de la culture juive. Ils programmaient les déportations et les exterminations pour qu’elles coïncident souvent avec les fêtes juives. La propagande anti-juive alors menée était basée sur les coutumes juives et leur observation.

Le 30 janvier 1944, Hitler déclare dans l’un de ses discours que si les Nazis devaient être vaincus, les juifs pourraient alors célébrer un deuxième Purim.

En 1946 se tient le procès de Nuremberg, procès au cours duquel 24 hauts-responsables nazis furent jugés.  Il s’agit d’un tribunal militaire mais avec 4 juges civils représentant les quatre pays vainqueurs de la Seconde Guerre mondiale – États-Unis, URSS, Grande-Bretagne et France –. A l’issue de ce procès, outre la condamnation à de la prison ou une relaxe pour certains, 12 furent condamnés à la pendaison. Arguant que la pendaison était déshonorante, les condamnés demandèrent à être fusillés ce qui leur fut refusé,  la pendaison étant considérée comme un châtiment plus infamant,et donc approprié en la circonstance. Finalement, seuls 10 furent pendus, l’un ayant été condamné par contumace, l’autre s’étant suicidé quelques heures avant l’exécution de la sentence. 10  hommes pendus, cela vous rappelle quelque chose ?

Le jour de l’exécution en octobre 1946, quelques instants avant d’être pendu, l’un d’eux, Julius Streicher, s’écria : « Purim 1946 !« .

Certains  « Sages » juifs pensent  même (en s’appuyant sur plein d’autres éléments du texte hébreu ) que la demande d’Esther: « d’agir encore demain selon le décret d’aujourd’hui » n’était pas adressée au roi de Perse Assuérus, mais bien à Dieu pour un temps à venir, convaincus que le procès de Nuremberg est cet évènement.

Deux autres éléments surprenants :  L’un des proches d’Hitler, trésorier du parti, le plus important patron de presse de l’époque, responsable de l’édition du livre « Mein Kampf » (ouvrage truffé de haine anti-sémite) s’appelait  Max Amann, et le bourreau de Nuremberg en charge de la pendaison des accusés s’appelait  John Woods – ce qui veut dire « Bois » en anglais.  Çà ne s’invente pas !

A présent quittons cette époque dramatique pour nous replonger avec le peuple juif dans la joie de la fête de Purim ! Célébrée le 14è jour d’Adar, elle est la fête la plus joyeuse et la plus animée de toutes les fêtes juives ! Cette année, 2018, elle a commencé mercredi soir 28 février (13è jour d’Adar) pour se terminer jeudi 1er Mars, excepté à Jérusalem où elle s’est terminée le 2 Mars (ville fortifiée, vous vous rappelez ?) Voici comment les choses se déroulent :

Pour commencer, le 13è jour est  le jour du  « jeune d’Esther », pratiqué par les plus respectueux des traditions de l’aube au coucher du soleil, en souvenir du jeûne mené par Esther et par le peuple juif avant qu’elle ne se présente devant Xerxès.

Ce jeune ne fait pas partie des obligations religieuses qui sont au nombre de quatre. Quatre obligations pour tous donc, y compris les enfants :

1. Mikra Meguila : la lecture de la Megilla le 13è jour d’Adar au soir et le 14 au matin.

En soirée, ainsi que le lendemain matin, tous (hommes, femmes et enfants) se réunissent – la plupart du temps à la synagogue –  pour écouter la Mégilla, c’est-à-dire la lecture du livre d’Esther,  un rouleau composé d’un parchemin écrit à la main.

Megilla : Rouleau d’Esther

 

Lors de la lecture de la Megilla, chaque fois que le nom d’Haman est cité, les enfants sont encouragés à faire du bruit (c’est la seule fête où ils sont autorisés à faire du bruit à la synagogue !) : selon les synagogues, cela peut consister à crier « Bouuuuuh », ou faire tourner des crécelles ou autres objets bruyants, taper des pieds, ou un mélange de tout cela. De plus dans certaines synagogues, lors de la lecture on peut entendre des bruits complémentaires comme « Ohhhhh » lorsque le nom d’Esther est lu, ou le bruit de langues claquées chaque fois qu’un cheval est mentionné.

Crécelles utilisées lors de la lecture du rouleau d’Esther

 

2. Mishloah Manot : L’envoi de cadeaux gourmands aux amis

Lors de la fête de Purim, l’accent est mis sur l’importance de l’amitié et de la communauté par l’envoi de cadeaux alimentaires. Cet envoi se fait le 14è jour d’Adar, et doit contenir au moins deux produits différents à manger ou à boire à destination d’une relation juive durant les heures de jour. Les hommes envoient aux hommes et les femmes aux femmes. Il est préférable d’utiliser une tierce personne pour effectuer la livraison.  Souvent les enfants son sollicités pour le faire.

Voici un exemple de panier de purim, version luxe,qui peut comprendre à la fois des produits achetés et des réalisations maison… 

3. Matanot Laèviyonim : Le don aux pauvres

L’un des thèmes essentiels de Purim est l’unité juive. Haman a cherché à tous les tuer, ils étaient en danger ensemble, ont jeûné ensemble et se sont réjoui ensemble. Ainsi un accent est tout particulièrement mis sur les attentions apportées à ceux qui sont « moins gâtés ».

La consigne est de donner de l’argent ou de la nourriture à  au moins deux personnes durant les heures du jour, le 14è jour d’Adar.  Au cas où l’on ne connaîtrait  personne dans le besoin, la synagogue collecte des fonds. Il faudra alors mettre au moins deux pièces dans un tronc spécifique  pour les pauvres.

Lors de la  fête de Purim, il est de mise de faire un don à toute personne qui le demande; et l’on ne vérifiera pas si le besoin est réel ou pas.

4. Mishte Vesimha : Un banquet, dans l’après-midi, à l’image du festin d’Esther

Après la deuxième lecture de la Megilla, a lieu le « festin joyeux » . La famille se rassemble, avec éventuellement un invité ou deux, autour d’un repas festif. Ce repas commence avant le coucher du soleil et se poursuit dans la soirée.  La table est élégante et les bougies allumées ! C’est un festin très arrosé à l’image des festins d’Esther, avec la recommandation explicite (si, si …mais à ne pas raconter aux enfants :)) de boire jusqu’à ce qu’ils ne puissent plus faire la différence entre  barukh Mordekhai et v’arur Haman c’est-à-dire  entre « béni soit Mardochée » et « maudit soit Haman » …

Beaucoup de petits biscuits sont confectionnés pour cette fête mais il y a un petit biscuit que l’on retrouve très fréquemment, typique de cette célébration : Hamantaschen, qui s’appelle en français selon les endroits « oreilles d’Haman », « tricorne d’Haman », ou « poches d’Haman »… La farce traditionnelle est composée de prunes et pavot. Mais on les trouve aussi farcis à la pâte à tartiner, à la confiture, aux fruits secs avec un peu de fragipane, etc….

Voici la recette traditionnelle.

Et voici la recette sans gluten

Lors de la fête de Purim, les enfants, ainsi que les adultes aventureux, se déguisent; c’est une allusion à la main de Dieu à l’oeuvre dans le livre d’Esther, cachée , comme déguisée, derrière les événements.  Les enfants se déguisent en personnages joyeux, avant d’aller à la lecture de la Megilla. De nombreuses synagogues organisent une fête costumée, avec des prix discernés pour les enfants.

Pour vous donner une idée de comment cela se déroule, je vous invite à aller sur la vidéo ci-dessous aux minutes suivantes (en positionnant votre souris sur la ligne rouge après avoir démarré la vidéo et en déplaçant le rond rouge vers l’avant) : ici il n’y a pas de rouleau manuscrit mais un texte imprimé.

  • Minute 1 : Introduction pour comprendre comment les choses se passent
  • Minutes 27 à 30 : A plusieurs reprises le nom de Haman est cité, écoutez les réactions du public.
  • Minute 45 à Fin : Autres costumes d’adultes !

 

Eh bien voilà ! Notre voyage en Esther est terminé …  J’espère que vous avez aimé ce voyage depuis les événements en Perse au temps d’Esther jusqu’à aujourd’hui dans la célébration de Purim !

La grande leçon de notre livre est que ce que Dieu recherche, ce n’est pas quelqu’un qui sort du lot avec des capacités extraordinaires, mais quelqu’un qui choisit simplement de Lui obéir en lui faisant confiance, c’est alors qu’il l’utilisera et l’équipera pour accomplir Sa volonté ! C’est ce que Dieu a fait avec Esther et c’est aussi ce qu’Il attend de nous…

 

Quelques pensées sur “Faisons la fête… de Purim !

    1. Oui Denise, c’est très troublant… C’est la raison pour laquelle je tenais à partager ce que j’avais découvert en faisant cette étude.
      Bises et bon week end à toi aussi !

  1. Saisissant !! et tellement émouvant de voir les enfants du XXIe siècle continuer de commémorer cette victoire d’il y a 2 600 ans (c’est bien ça ?). Il appartient à D.ieu seul que Israël VIVE malgré l’acharnement que l’ennemi a eu et a toujours aujourd’hui à vouloir le détruire.

    1. Bonjour Geneviève,
      Pour répondre à ta question, Xerxès étant arrivé sur le trône en 486 av JC, nous sommes plutôt aux alentours de 2500 ans, mais franchement ça ne change pas grand chose ! L’émotion s’empare toujours de nous à l’évocation de cette célébration annuelle qui continue aujourd’hui encore.
      Et cet épisode de la Bible nous rappelle la fidélité de Dieu que rien ne peut contrecarrer… que ce soit à l’égard du peuple juif ou à notre égard! Bises

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