Neuf marches pour un scénario catastrophe…

Savez-vous que le nom de David est cité dans 19 livres de l’Ancien Testament et dans 9 livres du Nouveau ? Ce qui fait 28 livres sur les 66 que compte la Bible. Son nom est cité plus de 1000 fois (1108 fois dans la version Segond 1910 si je ne me suis pas trompée en comptant !), devancé seulement par le nom de Jésus -Jésus-Christ et Christ.

Tout cela pour nous rappeler que David est un personnage exceptionnel dont la vie nous est racontée  pour nous rappeler non seulement la faiblesse de la chair et nous mettre en garde, mais aussi l’immensité de la grâce de Dieu.

Nous allons voir aujourd’hui que lorsque un péché  n’est pas confessé à Dieu et suivi de repentance, il entraîne toujours son auteur une marche plus bas. C’est ainsi que David va descendre de nombreuses marches.

En Deutéronome 17, voici ce que Dieu avait donné comme conditions requises pour le Roi d’Israël :

14Lorsque tu seras entré dans le pays que l’Eternel, ton Dieu, te donne, lorsque tu le posséderas, que tu y auras établi ta demeure, et que tu diras: Je veux mettre un roi sur moi, comme toutes les nations qui m’entourent, – 15tu mettras sur toi un roi que choisira l’Eternel, ton Dieu, tu prendras un roi du milieu de tes frères, tu ne pourras pas te donner un étranger, qui ne soit pas ton frère. 16Mais qu’il n’ait pas un grand nombre de chevaux; et qu’il ne ramène pas le peuple en Egypte pour avoir beaucoup de chevaux; car l’Eternel vous a dit: Vous ne retournerez plus par ce chemin-là. 17Qu’il n’ait pas un grand nombre de femmes, afin que son coeur ne se détourne point; et qu’il ne fasse pas de grands amas d’argent et d’or.

David avait à ce moment de notre histoire respecté la première et la troisième prescriptions mais pas la deuxième : « pas un grand nombre de femmes« . Nous savons par les écritures qu’il avait déjà plusieurs femmes : Mical (1 Samuel 18:28), puis à Hébron nous avons Abigaïl (1 Samuel 25:44), Achinoam de Jizreel (1 Samuel 25:43) , Maaca (2 Samuel 3:3), Haggith (2 Samuel 3:4), Abithal (2 Samuel 3:4) et Egla (2 Samuel 3:5). Ce qui nous fait déjà 7 femmes. Et le chapitre 5 de 2 Samuel (v. 13) nous indique que « David prit encore des concubines et des femmes de Jérusalem après qu’il fut venu d’Hébron ».Première marche…

Le chapitre 11 commence avec David qui envoie Joab faire la guerre alors qu’il choisit de rester à Jérusalem. Deux verbes clés apparaissent dans le verset 1 : « David ENVOYA » et David RESTA ».  Ce verbe « ENVOYER »  est un mot qui, dans le texte originel, contient la notion d’exercice de l’autorité : shalach. Nous allons voir que ce verbe « ENVOYER » se glisse partout dans la trame du drame qui est en train de se tisser. Ce Roi, puissant guerrier et grand général choisit de ne pas mener ses troupes dans la bataille alors que cela était la coutume. Le résultat ne se fait pas attendre, David se retrouve confronté à une tentation face à laquelle il ne se serait jamais trouvé s’il avait été sur le front avec ses troupes. Deuxième marche

Jérusalem au temps de David. On peut voir au fond le palais du roi

Combien de fois nous retrouvons-nous devant des tentations parce que  nous sommes là où nous ne devrions pas être – ou plutôt parce que nous ne sommes pas là où nous devrions être ?

David arpente sa terrasse et remarque une femme en train de se baigner… On peut se demander ce que cette femme fait à un endroit où elle sait qu’elle peut être vue. L’indécence et la responsabilité de Bath-Schéba ne font aucun doute, elle devait forcément savoir qu’elle était visible d’ailleurs, de la terrasse du roi en l’occurrence. Mais cela n’enlève rien au péché et à la responsabilité de David. De notre côté, rappelons-nous que 1 Timothée 2:9 nous dit que nous devons nous vêtir de manière décente, avec pudeur et modestie, et que Romains 14:13 nous encourage à ne pas être une occasion de chute pour autrui.

Gros plan sur le palais de David qui surplombe Jérusalem.

Soyons claires, la première erreur de David n’a pas été d’avoir vu cette femme. Je me rappelle, il y a quelques années en arrière, que l’un de mes fils est venu me voir en me demandant comment il pouvait éviter de voir dans la rue les panneaux publicitaires  exposant des femmes en sous-vêtements pour des marques de lingerie. Cela le mettait très mal à l’aise et il se sentait coupable. Je lui ai expliqué que cela était impossible de ne pas les voir, mais par contre ce qui était possible était de détourner les yeux lorsque on les apercevait, de ne pas y arrêter son regard, et de ne pas y revenir non plus ! Il est bien évident que dans notre texte, le regard de David s’est arrêté sur Bath-Schéba  et y est resté.  Troisième marche….

David choisit d’exercer son autorité de roi et dans le texte en hébreu, le même verbe  « ENVOYER » est utilisé pour David « fit demander » (Version segond) qui était cette femme. On lui répond qu’il s’agit de la femme d’Urie, le Héthien.  Savez-vous qui était Urie ?  Nous trouvons son nom mentionné en 2 Samuel 23 (v. 39), Urie était l’un des 37 vaillants hommes qui étaient au service de David, il faisait donc partie de son armée d’élite, ses hommes les plus vaillants et les plus fidèles. David devait donc bien le connaître. Il aurait pu s’arrêter là, mais il continue. Quatrième marche…

Il continue d’exercer son autorité de roi et ENVOIE « des gens pour aller la chercher » (v. 4) sachant très bien que son mari n’était pas là puisqu’il combattait les Ammonites. Il ne nous est pas dit ce que Bath-Schéba a dit. Mais lorsqu’un roi parle, on obéit… Le mot traduit par « chercher » veut dire « attraper, saisir, prendre ». Bath-Schéba n’avait pas le choix. Cinquième marche…

Il couche avec Bath-Schéba. Sixième marche… La vie, la famille et le règne de David ne seront plus jamais les mêmes. La destruction y est entrée.

Le verset 4 nous indique que Bath-Scheba venait de se purifier après ses règles, et donc savait qu’elle n’était pas enceinte avant d’avoir couché avec David. Le verset 5 précise qu’elle fait prévenir David qu’elle est enceinte, ce qui veut dire plusieurs semaines plus tard. David avait eu le temps de réaliser les conséquences de son acte, d’aller à Dieu confesser son péché. Mais non… il élabore un stratagème pour cacher son péché. Il convoque Urie   et dans le verset 6, le mot shalach (ENVOYER) est employé à 3 reprises : David EXPEDIA cet ordre… ENVOIE-moi Urie… Joab ENVOYA Urie.

Il essaie de convaincre Urie de retourner chez lui à deux reprises pour avoir des relations avec sa femme et faire passer ainsi le bébé pour le sien;  la première fois après lui avoir ENVOYÉ un cadeau, et la deuxième fois après l’avoir enivré. Septième et Huitième marche… Peine perdue, Urie est un homme intègre, qui sait où est sa place et qui ne veut pas la quitter. Son exemple d’intégrité aurait dû toucher le cœur de David et le ramener sur le bon chemin.

Le coup de grâce arrive alors.  David va planifier la mort d’Urie. Il écrit une lettre mettant en place le scénario de sa mort et la fait ENVOYER par Urie lui  même pour Joab (v. 14). Neuvième marche…

Urie meurt. David,  que nous avions vu pleurer sur la mort de Saül qui avait sans cesse cherché à le faire mourir en 1 Samuel, ne ressent pas une ombre de tristesse à la nouvelle. Pour lui tout va bien, l’affaire est finalement classée. Après la période de deuil passée, période qui était de 7 jours (Gen 50:10), David se dépêche d’épouser Bath-Schéba pour faire passer ce bébé pour un enfant légitime.

Nathan et David – Angelika Kauffmann – Peintre suisse du 18è s

Nous pouvons cacher au monde notre péché, mais Dieu voit tout et nous devrons rendre compte… David a beaucoup « ENVOYÉ » comme nous le venons de le voir, mais c’est Dieu qui a le mot de la fin : 2 Samuel 12:1 nous dit que Dieu ENVOYA Nathan vers David. L’autorité sous-entendue dans ce mot « ENVOYER » depuis le début se manifeste à présent par l’autorité suprême, Dieu. Il y a quelque chose de particulièrement intéressant dans l’illustration utilisée par Nathan pour parler de son péché à David :  ce qui est mis en avant est l’abus de pouvoir de David, l’exercice abusif de son autorité (Chapitre 12, v. 1-6), ce que nous avons vu entre autres dans le mot ENVOYER depuis le début de cette histoire. Nathan  signifiera à David la sanction de Dieu sur son péché, c’est-à-dire l’éclatement de la famille de David et la mort de l’enfant conçu avec Bath-Schéba. Oui David a finalement confessé son péché, s’est repenti, mais a dû subir, ainsi que toute sa famille, les conséquences dramatiques de ses actes.

Rappelons nous que  « Toute Ecriture est inspirée de Dieu, et utile pour enseigner, pour convaincre, pour corriger, pour instruire dans la justice, afin que l’homme de Dieu soit accompli et propre à toute bonne oeuvre. 2 Timothée 3 :16 et 17.

Laissons la Parole de Dieu toucher nos cœurs,nous reprendre, nous pousser à la confession et la  repentance par ce que nous lisons et étudions. et…. que l’exemple de vie de David nous aide à ne pas descendre la première marche !

Ouh la la… J’ai été très longue aujourd’hui… J’espère malgré tout que vous aurez aimé ce nouveau regard sur l’histoire de David et Bath-Schéba !

 

 

 

 

 

 

 

Quelques pensées sur “Neuf marches pour un scénario catastrophe…

  1. Waou! trop bien !
    Les étapes de la descente de David (hélas !) sont si bien illustrées… Que le Seigneur nous garde d’en amorcer même la première…
    Soyez bénies et bon week-end dans la grâce

    1. Merci Nelly ! A chaque étape, Dieu permettait l’intervention de quelqu’un d’extérieur dont l’attitude, le discours auraient dû interpeller David dans son péché… Une bonne leçon pour nous aussi pour être à l’écoute de ceux que Dieu met sur notre chemin. Il y aurait eu tant à dire sur cet épidode de 2 Samuel, sept jours n’y auraient pas suffi, c’est toute la beauté et la richesse de la Parole de Dieu ! Bon week end à toi aussi.

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