Les filles du Vendredi : quand une après-midi couture devient une entreprise

Pour la première édition de Créée pour Créer, je suis ravie de vous présenter mon amie Laure ! Nous nous sommes rencontrées toutes les deux alors que nos maris étaient tout jeunes dans le ministère pastoral. Même si aujourd’hui la distance géographique ne nous permet pas de nous voir aussi souvent que j’aimerais, chaque fois que nous passons du temps ensemble, Laure me bénit par sa transparence, son amour sincère et sa simplicité. J’ai été grandement encouragée par les mots de Laure et je pense que vous le serez tout autant. Alors sans plus tarder voici Laure …

Laure, même si nous nous connaissons depuis un petit moment, peux-tu te présenter à nos lectrices ?

Je m’appelle Laure (!), j’ai 38 ans, chrétienne depuis 15 ans maintenant ! Je suis mariée à Fred, pasteur, et nous avons deux enfants délicieux : Juliette et Victor.  J’aime l’odeur de l’herbe après la pluie, le bruit des vagues de l’océan, le fromage et la charcuterie ; par contre je n’aime pas la foule, les bananes ou le ski ^^. Je suis fan de loisirs créatifs, surtout le tricot et la couture !

 

Tu as commencé ton entreprise, Les Filles du Vendredi, il y a maintenant 2 ans. Alors je suis curieuse –  quelle est l’histoire derrière ce nom ? Comment tout cela a commencé ?
Les filles du vendredi, ça a commencé avec un RDV fixé avec une amie pour coudre
ensemble, le vendredi après-midi. Sous forme de boutade, je lui ai dit « si un jour on lance un business ensemble, on pourrait s’appeler Les filles du vendredi ! ». Les RDV couture ont cessé, mais le nom est resté, sans mon amie, mais c’est un vrai clin d’oeil envers elle !
Est-ce que tu t’es toujours vue comme quelqu’un de créatif ?

Non, pas du tout. Dans la famille j’étais plutôt « l’intellectuelle » bien que j’aimais bien bidouiller des trucs, gamine. J’aimais surtout écrire (ce qui est une forme de créativité mais moins manuelle ^^).

Quand je suis venue à Christ, j’avais 22 ans, et un soir je suis allée trouver mon pasteur pour lui dire que j’en avais marre de ne pas savoir quoi faire le soir, en rentrant chez moi : il me fallait occuper mes doigts pour arrêter de manger du chocolat devant la télé !
Nous avons prié… Quelques semaines plus tard, je m’inscrivais à mon 1er atelier de scrapbooking, que j’ai pratiqué assidûment pendant 10 ans ! Puis j’ai découvert la couture, le tricot… ç’en était fait, ma créativité était révélée !

 

Qu’est-ce qui a fait pour que tu décides d’en faire ton gagne-pain ?
Quand mon fils cadet est entré à l’école, je me demandais ce que j’
allais bien pouvoir faire pour occuper mon temps. Quelques amies chrétiennes m’avaient déjà demandé de leur coudre des sacs à main par exemple, mais de là à créer une entreprise… ! J’ai beaucoup, beaucoup tergiversé. Je voulais travailler mais pas quitter mon foyer, gagner de l’argent mais pas au détriment de l’éducation de mes enfants… Un jour j’ai enfin compris que, mon mari me laissant faire ce choix, je n’allais pas pécher en créant ma boîte (une révélation !), et que Dieu me donnait aussi la liberté de choisir mon activité ! J’ai foncé 🙂
Qu’est-ce que « la créativité à l’image de notre Dieu créateur » veut dire pour toi ?
Créer, bien humblement, à l’image de Dieu, cela veut tout dire pour moi. La créativité est un attribut divin que le Saint Esprit anime en nous, pour Sa gloire ! Je rends continuellement grâces à Dieu pour ce don, et je veux m’appliquer à l’utiliser non pour moi-même, non pour ma propre gloire, mais pour Lui.
En créant, j’apprends la patience, l’émerveillement des couleurs que Dieu a créées, de la matière qu’il met à notre disposition (avez-vous déjà touché du mé
rinos tout doux ou de l’angora ?!). J’apprends aussi la persévérance : il faut acquérir certaines techniques pour pouvoir réaliser des vêtements, des accessoires ou même de jolis albums photos. En comprenant que beaucoup de choses ne sont pas innées, je reste humble. Il y a tant à apprendre !
Personnellement, je trouve que partager notre créativité avec le monde est une expérience qui nous met dans une position de grande vulnérabilité. Par les résultats, succès ou non, nous nous sentons “validées” dans notre créativité ou pas, d’autant plus lorsqu’ il s’agit de créer une entreprise ! Comment as-tu fait  pour trouver le courage de le faire malgré tout ?
Oui, c’est vrai. Et d’autant plus avec les réseaux sociaux. J’avoue être très présente sur Instagram, Facebook, où je poste toutes mes réalisations. J’apprends à ne pas me fier aux commentaires (souvent positifs, du reste !) ni au nombre de likes ou d’abonnés. C’est une tentation de chaque jour que de se définir à travers le regard des autres, et de se comparer. C’est un sujet de prière pour moi, même si le milieu créatif est quand même hyper bienveillant.
Je me suis faite aider pour combattre le syndrome de l’imposteur, qui est un mensonge nous disant que nous ne sommes pas à la hauteur de l’image que nous renvoyons. Cela m’a bloquée sur certains projets et j’en souffre encore parfois !
Je parle beaucoup avec mon mari, et mes amies chrétiennes (ou non chrétiennes d’ailleurs), pour essayer de garder une vision juste de mes capacités. En général, je suis très enthousiaste pour tout un tas de choses, et le moment venu, je panique ! Au final, bien souvent, j’ai paniqué pour rien.  Du reste, partager ses loupés avec les autres, se mettre à nu, c’est une transparence intéressante qui encourage beaucoup de monde ! Il ne faut pas avoir peur ou honte de ce qu’on crée. Apprendre à dépendre de l’avis de Dieu seul, c’est un long chemin. Lui connaît nos cœurs !
Aurais-tu un conseil pour une lectrice qui rêve de se lancer dans le monde de l’entrepreneuriat avec sa créativité mais qui n’a toujours pas osé faire le premier pas ?
Vivre de sa créativité c’est très difficile et long. Personnellement, après 2 ans d’activité, je commence tout juste à avoir un mini-salaire… C’est pour cela que je conseillerais d’abord de bien se préparer !
Qu’est-ce que je sais bien faire? Ai-je un capital? Ai-je un statut qui me donne droit à des aides?
Il est important de se rapprocher de la Chambre des métiers et ne pas hésiter profiter de leurs formations avant même de rendre son activité publique.
J’ai aussi beaucoup apprécié lire les livres de Sophie-Charlotte Chapmann & Sandrine Franchet aux éditions Eyrolles, spécialisés sur la question des entrepreneuses créatives, et il ne faut pas hésiter à se faire coacher et à demander des conseils à celles qui sont passées par là !
J’aime aussi écouter des podcasts entrepreneuriaux pour me donner des idées dans l’élaboration de ma stratégie.
Enfin, il est excessivement important de bien fixer ses prix, en étant juste, sinon l’entreprise ne sera pas viable.
Personnellement, je me suis lancée un peu à la va-vite, en me disant « on verra bien ». Je ne conseille à personne de faire pareil car maintenant je perds du temps à devoir réfléchir tout en étant à fond dans l’activité. Si c’était à refaire, je me préparerais bien mieux.
Et bien sûr, prier, prier, prier. Demander le soutien des frères et sœurs et ne pas être timide en parlant de nos créations !
En utilisant la code promo : GRACE (valable jusqu’au 31 mars 2020) les lectrices de VDLG bénificient d’une réduction de 10% sur toutes les créations de Laure sur son site. Alors, allez-y, n’hésitez pas !

A vous !

Créées pour Créer est aussi l’occasion de vous encourager dans votre propre créativité. Alors que vous dessiniez ou pas, ne manquez pas ce tuto de Laure (ou un autre) sur sa chaîne YouTube. 🙂
Envie de développer votre créativité davantage tout en rencontrant Laure ? Elle organise sa première retraite créative au mois de mai. Vous trouverez toutes les infos ici !

Retrouvez Laure sur les réseaux sociaux

Quelques pensées sur “Les filles du Vendredi : quand une après-midi couture devient une entreprise

  1. Merci pour ce témoignage créatif et ce parcours de vie…
    Je dois dire que je n’ai jamais songé à créer une entreprise avec ma créativité c’est effectivement très difficile d’en vivre…
    Bonne continuation Laure et que le Seigneur continue de bénir ton entreprise et tes idées créatives…
    Une question cependant, partages tu ta foi avec tes clientes ou celles qui suivent tes activités ?

  2. Bonjour
    Bravo Laure pour votre entreprise. Que Dieu vous bénisse !
    J’ai une amie qui s’est lancée aussi , elle coud des sacs à partir de sacs contenant du café.
    Personnellement, je crochète des petits chaussons pour bébé et je les donne à une église qui les vend. Le produit de la vente va aux missions.
    merci Anne et Frédérique pour ce joli partage.

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